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Le signe de Lasègue est un signe clinique qui est utilisé lorsqu’on suspecte une sciatique. Il se traduit par une douleur qui fait son apparition entre les lombaires (d’où émerge le nerf sciatique) et le pied (terminaison du nef sciatique). Mais apprenons-en davantage sur ce signe de Lasègue dans la suite de notre article.

Origine du signe de Lasègue

Ernest-Charles Lasègue est un médecin français du XIXe siècle. Il s’est intéressé au cours de sa pratique à de nombreuses disciplines médicales et il a notamment travaillé sur les troubles psychosomatiques (liens entre physiologie et psychologie), certaines pathologies cutanées, la diphtérie, le rachitisme, les AVC, l’alcoolisme et plusieurs troubles psychiatriques.

Pourtant, malgré les nombreuses études que Lasègue a publié, son nom reste rattaché au signe de Lasègue qui est utilisé dans le diagnostic de la sciatique. En réalité, ce médecin, qui a décrit ce signe en 1864, n’a jamais choisi de lui attribuer son nom. C’est davantage un hommage posthume qui lui a été rendu par ses élèves en donnant son nom à ce signe clinique.

Signe de Lasègue : déroulement

La manœuvre de Lasègue se pratique sur un patient allongé sur le dos :

  • Le praticien soulève doucement et progressivement la jambe du patient en la maintenant tendue jusqu’à ce qu’une douleur qui reproduit la sciatalgie fasse son apparition.
  • En fonction de l’importance de la sciatique, la douleur peut survenir plus ou moins rapidement. Le signe de Lasègue est généralement considéré comme positif lorsque la douleur fait son apparition en dessous d’un angle de 60°.
  • En réalisant ce geste, la racine nerveuse est mise sous tension, d’où la douleur.

Cette douleur caractéristique irradie des lombaires (zone d’émergence du nef sciatique) au pied (terminaison du nerf sciatique). Il est possible d’accentuer le test en réalisant une flexion dorsale du pied (en ramenant les orteils en direction du tibia).

Il est également possible de réaliser un Lasègue inversé (qu’on nomme alors signe de Léri). Dans ce cas, le patient est placé sur le ventre et l’extension de la hanche permet de réveiller une douleur au niveau de la cuisse (cruralgie) puisque cette fois, c’est le nerf fémoral qui est étiré.

Quelle est l'utilité diagnostic du signe de Lasègue ?

En cas de sciatique, le signe de Lasègue est extrêmement important. En effet, s’il est positif, on peut légitimement penser qu’il existe une hernie discale au niveau des vertèbres lombaires (L4/L5 ou L5/S1). Le signe de Lasègue est très spécifique des sciatiques puisqu’il est positif dans 83 % des cas.

Plus le degré d’élévation de la jambe est faible lorsque la douleur survient, plus la sciatique est grave. Le thérapeute notera l’angle à partir duquel la douleur est reproduite puisque cela constitue un repère objectif. En renouvelant le test à l’occasion des consultations suivantes, il pourra ainsi évaluer l’évolution de la douleur.

Attention, cette technique n’a d’utilité diagnostic que si elle est correctement réalisée et en tenant compte du patient. En effet, des douleurs sans rapport avec la sciatique peuvent apparaître ; par exemple un patient ayant un problème à la hanche aura mal lors de la mobilisation de celle-ci. De même, il ne faut accorder aucune valeur à l’éventuelle douleur lombaire qui peut survenir et qui va limiter l’élévation de la jambe puisque cette douleur est sans rapport avec le nerf sciatique (on appelle signe de Mac Nab cette douleur provoquée par la cambrure du dos).

C’est en cas de doute que la flexion dorsale du pied qui majore la douleur peut-être intéressante. Il est aussi possible de s’assurer du résultat en fléchissant légèrement le genou : si la douleur diminue, cela plaide en faveur d’une sciatalgie.

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