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Le syndrome de Larsen est une pathologie génétique rare qui touche les os. Elle se manifeste par la luxation d’un grand nombre d’articulations et un visage aux traits caractéristiques. D’autres symptômes inconstants viennent compléter le tableau, ce qui rend cette maladie à la fois facile à diagnostiquer et extrêmement difficile à vivre. Apprenons-en un peu plus sur cette maladie orpheline qu’est le syndrome de Larsen.

Syndrome de Larsen : définition

Le syndrome de Larsen est une maladie orpheline (rare) qui ne concerne pas plus d’un enfant sur 100 000 et seule une centaine de cas est répertoriée dans le monde.

Aspect génétique

Cette pathologie constitutionnelle des os d’origine génétique peut se transmettre selon deux modes : le mode autosomique dominant (la présence d’un seul gène malade suffit à exprimer la maladie), essentiellement, ou récessif (si la présence de deux allèles mutés du gène sont nécessaires pour exprimer la maladie), plus rare.

Pronostic et longévité

Des décès dans la période néonatale concernent 12 % des malades, en raison des troubles cardiaques et des infections respiratoires consécutives à des scolioses majeures, des troubles du développement du larynx et de la trachée ou des poumons. De même, le pronostic vital peut être mauvais s’il y a des complications neurologiques (avec des instabilités cervicales) ou cardiovasculaires.

Excepté ces cas particuliers, les personnes souffrant d’un syndrome de Larsen ont une longévité similaire au reste de la population.

Le pronostic fonctionnel est variable en fonction du nombre, de la gravité, de la localisation des articulations atteintes ainsi que de la rapidité avec laquelle le traitement orthopédique est instauré.

Syndrome de Larsen : causes

Le syndrome de Larsen est dû à des mutations du gène FLNB qui code la filamine B, une protéine qui permet de contrôler la structure et de stabiliser le cytosquelette (la forme des cellules).

Les mutations du gène FLNB peuvent aussi être responsables de trois autres affections squelettiques à transmission autosomique dominante ou récessive : le synspondylisme congénital et l’atélostéogenèse de types I et III.

Le syndrome de Larsen peut avoir une origine héréditaire et, lorsque c’est le cas, les parents sont affectés dans 12 % des cas. Dans ce groupe on retrouve une fois sur quatre une consanguinité.

La transmission autosomique récessive de la maladie concerne 25 % des enfants, et uniquement en cas de consanguinité des parents.

Syndrome de Larsen : symptômes

Les premiers symptômes du syndrome de Larsen sont observables dès la grossesse car l’échographie montre une hypotrophie (= diminution de la vitesse de croissance) du fœtus, son périmètre crânien et son périmètre abdominal étant bien trop faibles.

À la naissance, le poids du nouveau-né est inférieur à 2,5 kg et il ne respecte pas sa courbe de croissance. Cette hypotrophie va impacter toute la vie des malades puisqu'à l’âge adulte ils mesurent entre 130 et 150 cm.

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Symptômes majeurs

Beaucoup d’autres symptômes sont caractéristiques du syndrome de Larsen :

  • hyperlaxité ligamentaire se traduisant par une dislocation (luxation) des articulations, notamment celles du genou (100 % des cas avec impossibilité de se tenir debout), des hanches, et des épaules (60 % des cas) et des coudes (50 % des cas) mais d’autres articulations peuvent être touchées : poignet, chevilles, doigts, orteils, vertèbres cervicales (notamment les trois premières bien que cela reste relativement rare) ;
  • visage caractéristique, celui-ci étant aplati avec un front large et proéminent ;
  • hypertélorisme (= malformation crânienne caractérisée notamment par un élargissement de la racine du nez — nez épaté — et l’écartement excessif des orbites) ;
  • un élargissement de la deuxième phalange du pouce, celui-ci étant également plus court ;
  • un metatarsus adductus (déformation de l’avant-pied qui se dirige vers l’intérieur) dans 92 % des cas.

Ces troubles ne génèrent aucune douleur.

Symptômes inconstants

De façon inconstante, on peut observer une désaxation des doigts qui sont subluxés, des pieds bots (et/ou hallux valgus bilatéraux) ou pieds plats (20 % des cas), une cypho/scoliose qui fait généralement son apparition à l’adolescence, une fente labiale (bec-de-lièvre) parfois, des troubles respiratoires (en raison d’une laxité excessive des voies aériennes supérieures), une cardiopathie avec une communication inter-ventriculaire ou inter-auriculaire, un anévrisme de l’aorte ascendante ou de l’aorte abdominale ou des artères cérébrales, des troubles de la rétine, une surdité (par atteinte de l’articulation des osselets), rarement, une atteinte digestive ou génito-urinaire (agénésie anale ou utérus bifide par exemple) ou un retard de cicatrisation.

Syndrome de Larsen : diagnostic

Le syndrome de Larsen est une pathologie dont le diagnostic peut être réalisé au cours de la grossesse. Néanmoins, il arrive qu’il soit posé plus tard, parfois même au-delà de l’âge de 6 mois.

Par la suite, le diagnostic repose sur l’examen clinique, les examens radiologiques n’étant utiles que pour confirmer la pathologie.

Bien qu’on ne s’en serve pas de façon systématique, l’étude des empreintes digitales constituerait un test diagnostic supplémentaire car elles sont caractéristiques (nombre important de crêtes et de sillons dermiques sur les 4 derniers doigts) chez 75 % des patients.

Le diagnostic doit aussi permettre de dépister le plus tôt possible les luxations de hanches en étudiant cliniquement, par échographie et par radiologie, la possibilité de les réduire ou de corriger leur instabilité.

De même, une étude cardiologique par échocardiographie doit permettre de dépister précocement les pathologies et troubles cardiaques.

Syndrome de Larsen : traitement

Le traitement est spécifique à chaque patient en fonction des symptômes qu’il présente et des problèmes qu’il rencontre. Son objectif est de conférer aux malades une qualité de vie, un développement, une autonomie et une insertion sociale comparables à ceux d’une personne en bonne santé.

De façon générale, la prise en charge comprend :

  • un traitement orthopédique personnalisé (ce qui permet de résoudre les problèmes présents et d’en prévenir de futurs) ;
  • plusieurs interventions chirurgicales, notamment chez les bébés de plus de 6 mois chez qui les réductions de luxations sont irréalisables ;
  • le traitement chirurgical (arthrodèse ou laminectomie) est impératif en cas d’instabilité des vertèbres cervicales car il y a un risque de lésions médullaires avec des complications irréversibles ;
  • une rééducation orthophonique ;
  • des séances de kinésithérapie ;
  • Plus les traitements sont instaurés précocement, plus ils sont efficaces. La prise en charge des problèmes qui concernent les articulations de charge (hanches, genoux, chevilles) doit être privilégiée dans les premiers temps.
  • des séances d’ergothérapie et de psychomotricité.

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